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Edouard Ganche - tombe

La tombe d'Édouard Ganche et de Marthe Bouvaist-Ganche.
Photo. Philippe Gindre. Reproduction interdite.
La tombe d'Édouard Ganche

Édouard Ganche est mort le 31 mai 1945 à dix heures du matin et a été inhumé le 2 juin, à 8h45, sans cérémonie religieuse, dans un cercueil en chêne.
Après avoir veillé pendant 26 ans sur les archives de son mari et avoir perpétué son souvenir (en autorisant notamment la réédition au Mercure de France de son premier ouvrage sur Chopin), son épouse Marthe Bouvaist-Ganche l'a rejoint le 22 septembre 1971.

En 1909, dans Le Livre de la Mort, Édouard Ganche exprime à plusieurs reprises son désintérêt et même son relatif mépris pour les pratiques funéraires. À propos des cimetières, il écrit:

Chapelles, mausolées, cippes, statues, bronze et marbre, sculpture et architecture foisonnent là, couronnant les sépultures, couvrant et ornant les plus infectes ordures. Ce ne sont que manifestations de la richesse et de l'orgueil dans leurs expressions les plus vaines, édifications de l'ultime vanité des privilégiés de la vie, conçues sans aucun but moral, ni symbolisation de la douleur ou du néant du monde.[1]
Courbé sur une tombe, nul ne se représente l'insoutenable spectacle dont quelques mètres de terre le séparent. Nul ne pense être respectueusement agenouillé devant un tas de pourriture innommable, hideuse, délétère, sans conformité avec l'être connu.[2]
À cette époque, Édouard Ganche ne fait pas mystère de son athéisme. Il semble même être alors un partisan de la crémation.

Pourtant, son attitude évoluera considérablement avec le temps, en lien certain avec sa passion pour Frédéric Chopin. Ainsi, quelques années plus tard, il instaurera et animera personnellement un pélerinage annuel sur la tombe de l'auteur des Préludes dans le cadre de la Société Chopin créée à son initiative.
Lorsqu'en août 1930, il se rendra en Écosse sur les traces du compositeur polonais, il ne manquera pas d'aller s'incliner sur la tombe de Jane Stirling, l'une de ses plus célèbres élèves. À son grand désappointement, Édouard Ganche découvrira qu'une aile a été adjointe à l'église au pied de laquelle l'élève de Chopin a été enterrée. Elle repose désormais sous un dallage de granit anonyme:

Nos poitrines se serraient parce que nous marchions sur ces dalles qui ne révélaient point la place exacte des cendres que nous voulions honorer. [...] Celle qui avait puissamment participé à l'érection du tombeau de Chopin et l'avait maintes fois paré de fleurs, n'avait pas même son nom gravé sur la pierre recouvrant sa propre tombe. Déjà son corps avait disparu dans l'inconnu de l'immense univers et notre amour en éprouvait une blessure.[3]
Notes:
1. «Les cimetières», Le Livre de la Mort, p.245.
2. «Les cimetières», Le Livre de la Mort, p.250.
3. Voyages avec Frédéric Chopin, p.103-104.

Références:
Édouard Ganche, Le Livre de la Mort, Société des auteurs-éditeurs, 1909, 254 p.
Édouard Ganche, Voyages avec Frédéric Chopin, Mercure de France, 1935, 294 p.

Article lié:
La mort d'Édouard Ganche.

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© 2017 Philippe Gindre